Chats de Foyer

Sortir le transporteur du chaton plusieurs jours avant le rendez-vous véto

Par Nés dans le Salon

Le transporteur ne se sort pas la veille du rendez-vous. Il s'installe dans la pièce où le chaton passe ses journées, porte grande ouverte, au moins trois ou quatre jours avant, avec au fond une serviette qui sent déjà le chaton et des friandises qui y apparaissent plusieurs fois par jour sans que la porte se referme. Le trajet se découpe ensuite de la même façon : deux ou trois sorties en voiture de cinq minutes qui ne mènent pas chez le vétérinaire, puis le vrai départ, la caisse calée, un linge fin par-dessus, et la porte qui reste fermée jusqu'à ce que celle de la salle de consultation le soit aussi.

Vous êtes assis par terre, un soir, à côté d'une caisse en plastique posée de travers contre le mur du salon. Le chaton est à moitié dedans. Une patte avant sur la serviette, l'arrière-train encore dehors, la queue qui bouge par petits coups secs. C'est la troisième fois depuis hier. La première, il a reculé dès que sa tête a touché le rebord. La deuxième, il a fait le tour, reniflé l'ouverture, et il est parti manger. Là, il est presque entré, et vous ne faites rien. Surtout rien. Pas de main qui pousse le derrière, pas de « allez, vas-y », pas de caresse de félicitation qui le ferait ressortir aussitôt. Vous regardez le sol et vous attendez.

Je fais ça parce que j'ai vu l'autre méthode à l'œuvre, plusieurs fois, sur des portées qui ont grandi chez moi. La caisse rangée en haut du placard, sortie le jour J, chaton dedans, fermeture, direction la voiture. Ce chaton-là n'apprend pas à monter dans une caisse. Il apprend que cette boîte annonce quelque chose de désagréable, et il l'apprend en une seule fois. La fois d'après, il a disparu sous le canapé avant même que le zip soit fermé.

Une caisse qui reste en place cesse d'être un événement

Ce qui compte le plus n'est pas la friandise, c'est la durée pendant laquelle l'objet traîne là, banal, sans conséquence. Un chaton de deux ou trois mois explore tout ce qui est à sa hauteur. Si la caisse est dans le passage, il finira par dormir dedans. J'en ai eu plusieurs qui l'ont élue comme lit avant même d'avoir compris qu'elle pouvait se fermer, simplement parce qu'elle était là et qu'il y avait un tissu au fond.

Quelques détails qui changent tout. Retirer la porte ou la caler ouverte : une porte qui claque une seule fois peut annuler trois jours de tranquillité. Poser la caisse dans un endroit vivant, près de là où le chaton joue, pas au fond d'une pièce où personne ne va. Glisser au fond un tissu qu'il utilise déjà plutôt qu'une serviette propre sortie du placard. Et ne pas laver la caisse à grande eau la veille du rendez-vous : l'odeur familière vaut mieux que la propreté visible.

Les friandises, et ce qu'on ne fait pas

Je dépose une friandise à l'entrée le matin, une autre au fond l'après-midi, et je laisse. Au bout de deux jours, je ferme la porte deux secondes pendant qu'il mange, je rouvre. Le lendemain, cinq secondes. C'est tout.

Ce qu'on ne fait pas : l'enfermer dix minutes « pour qu'il s'habitue ». Ça produit l'inverse. Panique, griffures contre la paroi, et une caisse devenue suspecte pour des semaines. Les séquences doivent rester courtes et finir sur quelque chose d'agréable. Le repas complet reste à sa place habituelle ; la caisse, elle, ne distribue que des petits bonus.

Le trajet se répète avant d'avoir lieu

Trois jours avant, je porte le chaton dans la caisse fermée jusqu'à la voiture, sans démarrer, puis je le ramène. Le lendemain, moteur en route, deux minutes, on ne bouge pas. Le jour d'après, un vrai tour de quartier, cinq minutes, retour à la maison, friandise. Ce sont des répétitions, pas des voyages. Chacune est assez courte pour ne pas dépasser ce qu'il peut encaisser.

La caisse ne va jamais sur les genoux. Elle est calée avec la ceinture, ou posée au sol derrière un siège, coincée contre la banquette. Un chaton sur les genoux, c'est un chaton qui devient un projectile au premier freinage, et un conducteur qui roule à une main en surveillant une boîte du coin de l'œil. Là, ce n'est plus une question de confort.

Sur la caisse fermée, je jette une serviette fine. Pas une couverture épaisse : en juillet, dans une voiture, l'air circule mal et la chaleur monte vite. Une serviette suffit à couper la vue du paysage qui défile, des essuie-glaces, des voitures qui passent. Ce sont ces stimulations-là qui maintiennent un chaton en alerte pendant vingt minutes, souvent plus que le mouvement lui-même.

Dans la salle d'attente, la porte reste fermée

C'est le point que je vois le plus souvent raté. On arrive, le chaton miaule, on ouvre « pour le rassurer », et il file sous les chaises. Une salle d'attente, c'est des portes qui s'ouvrent, un chien au bout de la laisse, des gens qui se penchent. Je garde la caisse fermée, posée sur mes genoux ou par terre contre mes jambes, jamais en équilibre sur une chaise voisine. Je parle bas à travers la paroi, c'est tout.

La caisse ne s'ouvre que dans la salle de consultation, une fois la porte de cette salle refermée. Là, on peut laisser le chaton sortir de lui-même ou soulever le couvercle si c'est un modèle à ouverture par le haut, ce qui est souvent plus simple avec un chaton qui s'aplatit au fond.

Ce qu'il faut signaler au vétérinaire

Bave, vomissement, tremblements, diarrhée, et surtout le temps qu'il met à récupérer après le trajet. Je le dis à chaque fois, même quand ça me paraît bénin, et je ne décide pas toute seule que c'est normal. Un chaton qui salive abondamment sur cinq minutes de voiture, ce n'est pas la même chose qu'un chaton qui miaule fort. Ce n'est pas à moi de trancher : c'est une information clinique, le vétérinaire la note, et le jour où il faudra un vrai trajet, on saura à quoi on a affaire.

Au retour, la caisse ressort de la voiture et reprend sa place dans le salon, porte ouverte, avec une friandise dedans. La dernière image de la journée ne doit pas être une fermeture.

Quand ça ne marche pas

Il faut le dire : certains chatons restent tendus, et l'objectif n'est pas d'obtenir un chat zen en voiture, c'est d'éviter la panique. Un chaton qui a déjà vécu un mauvais trajet aura besoin de plus de jours, pas de plus de contrainte. S'il évite complètement la caisse au bout d'une semaine, c'est une information aussi : on la laisse en place, on met les friandises autour, on ne force pas, et on se donne le rendez-vous suivant pour recommencer.

À l'inverse, un chaton qui monte sans problème dès le premier jour n'a pas besoin de cinq jours de répétition. Deux suffisent. Transformer ça en protocole rigide ajoute du stress à tout le monde, y compris à vous, et un chaton sent très bien quand on est crispé.

Un dernier point matériel : vérifiez juste qu'il peut se tenir debout et se retourner dans la caisse. Un chaton de deux mois et un chaton de six mois n'occupent pas le même volume, et une caisse achetée trop juste au départ devient vite une boîte où l'on ne peut plus s'étirer.

Et si le rendez-vous ne peut pas attendre, si c'est demain, on fait ce qu'on peut : le linge sur la caisse, un trajet court, la porte fermée jusqu'au bout. La préparation réduit le stress, elle ne l'efface pas. Mais la fois d'après, on aura trois jours devant soi.

À propos de l’auteur Nés dans le Salon

Ce sont des personnes qui ont accueilli des portées de chatons chez elles, le plus souvent comme familles d'accueil pour une association de protection animale, et qui ont continué à suivre ces chatons après leur adoption. Elles connaissent les nuits courtes des trois premières semaines, le départ vers huit semaines, puis les questions qui reviennent pendant la première année.

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