Chats de Foyer

Un chaton de 0 à 2 semaines dort presque tout le temps, et c'est normal

Par Nés dans le Salon

Un chaton de 0 à 2 semaines qui dort presque tout le temps ne fait pas quelque chose d'anormal : il fait exactement ce que son âge demande. Ce qui permet de distinguer un repos néonatal normal d'un problème n'est pas la quantité de sommeil, mais la façon dont le chaton en ressort. À intervalles rapprochés, il se réveille, se déplace vers sa mère, tète, se fait lécher, puis retombe dans le sommeil. Tant que ce va-et-vient se répète, le nid fonctionne. C'est quand le chaton cesse de réintégrer ce cycle — ou quand la mère cesse de le lui proposer — que la question se pose vraiment.

Je m'assois par terre, à un mètre de la caisse, et je ne fais rien. C'est à peu près tout ce que j'ai appris à faire pendant ces deux semaines-là. La pièce est éclairée par la porte entrouverte, pas par le plafond. La chatte est couchée sur le flanc, le corps en croissant, et les petits sont empilés contre son ventre, les uns sur les autres, une patte qui dépasse, une queue en travers d'une tête.

Ça respire doucement. Puis une des têtes se soulève, cherche, oscille, et la mère tourne la sienne sans ouvrir les yeux. Le chaton rampe sur la longueur d'une main, trouve une tétine, s'accroche. La mère se met à lécher — le dos, l'arrière-train, encore le dos — et le chaton se détend, s'affaisse, se rendort, pendu à la tétine ou juste à côté. Un autre se réveille. Puis un autre.

Le manège n'a rien de chaotique, même s'il en a l'air. Il a une forme : réveil, recherche, tétée, toilette, sommeil. Ce que je regarde, ce n'est pas la longueur de chaque phase. C'est si la boucle se referme.

Ce que la mère fait renseigne plus que ce que le chaton fait

Un chaton de cet âge ne régule presque rien tout seul. Il ne tient pas sa température, il n'élimine pas sans que sa mère le lèche, et il ne sait pas revenir vers la chaleur s'il en sort. Ce n'est donc pas le chaton qui organise le rythme : c'est la chatte. Elle décide quand se coucher, quand rester debout, quand récupérer un petit qui a glissé, quand interrompre une tétée qui s'éternise.

Ce qui veut dire que je surveille moins les chatons que leur mère. Une chatte qui s'installe, qui se couche dès qu'un petit piaille, qui lèche, qui ramène — c'est le meilleur indicateur que tout va. Une chatte qui ne se couche plus, qui tourne, qui sort de la caisse dès qu'un petit s'approche, qui déplace sa portée d'un coin à l'autre plusieurs fois dans la soirée : là, ce n'est pas le sommeil du chaton qu'il faut regarder, c'est elle.

Une nuance que j'ai mis du temps à accepter : il y a des mères jeunes, ou très propres, ou simplement stressées par le bruit de l'appartement, qui s'occupent de leurs petits un peu plus mal que d'autres — et dont la portée pousse quand même très bien. Une mère imparfaite n'est pas forcément une mère en difficulté. On regarde l'ensemble, des petits chauds, ronds, qui se rendorment, pas un geste isolé.

Un chaton endormi à l'écart n'est pas un chaton endormi

Le sommeil normal, à cet âge, est un sommeil en contact. Contre le ventre de la mère, ou au milieu de la pile de frères et sœurs. C'est ce contact qui fait la chaleur, et c'est la chaleur qui fait le repos.

Quand je trouve un chaton endormi seul dans un angle de la caisse, à l'écart du groupe, ce n'est pas du repos : c'est le plus souvent un petit qui a glissé et qui n'a pas réussi à revenir. Je le remets contre les autres du bout des doigts, sans le sortir, et je regarde s'il y reste. S'il y reste, l'affaire est close. S'il ressort systématiquement, ce n'est plus une question de sommeil.

C'est le point que je vois le plus mal interprété. Un chaton qui dort beaucoup, au chaud, dans la pile, va bien. Un chaton qui dort beaucoup, seul, un peu frais au toucher, qui ne se réchauffe pas quand on le remet au contact : ce n'est pas un gros dormeur, c'est un chaton qui a quelque chose à faire évoquer avec un vétérinaire.

La nuit n'existe pas encore

Il n'y a pas de rythme jour-nuit chez un chaton de deux semaines. Il n'y en a pas non plus chez la chatte qui vient de mettre bas : elle vit au rythme des tétées, y compris au milieu de la nuit. Si vous vous levez parce que vous les entendez bouger, c'est normal, et ce n'est pas un trouble du sommeil à corriger.

Ce qui se corrige, en revanche, c'est la façon dont on intervient. Allumer la grande lumière au-dessus de la caisse, soulever les chatons pour les compter, changer la couverture parce qu'elle est tachée : chaque intervention réveille la mère, et une mère réveillée en pleine nuit met plus longtemps à se recoucher. Si on doit vraiment regarder, on regarde à la lumière du couloir, sans ouvrir la caisse plus que nécessaire, et on referme.

Je ne compte pas les tétées et je ne chronomètre rien. Un relevé de poids une fois par jour, à la même heure, m'a servi davantage que n'importe quelle observation nocturne.

Pourquoi un nid calme vaut mieux qu'un horaire

La croissance d'un chaton de cet âge se joue dans les périodes de repos, pas dans les périodes d'activité. Tout ce qui raccourcit ou fragmente le sommeil se paie ailleurs. Un nid traversé en permanence, une pièce où passent les autres animaux, une litière changée trop souvent, une caisse posée dans un passage : ça ne se voit pas sur le moment, mais ça se retrouve sur la courbe de poids.

C'est pour ça que je ne cherche pas à installer un rythme. Je cherche à ne pas le casser. Caisse dans un coin tranquille, température stable, pénombre, on touche le moins possible pendant les premiers jours, et on laisse la chatte choisir sa position — même si elle choisit un carton au fond d'un placard plutôt que la belle caisse qu'on avait préparée.

Quand ça mérite un appel

Le repère qui tient, à mon sens, ce n'est pas « il dort trop », mais « il ne revient pas ». Un chaton qui piaille en continu alors qu'il est au chaud et au contact, qui reste tiède malgré la pile, qui ne se rendort pas après la tétée, qui reste à l'écart sans se faire ramener : ça se discute avec un vétérinaire, sans attendre d'être sûr. De même pour une chatte qui délaisse la caisse, qui ne se couche plus du tout ou qui semble douloureuse.

Je ne sais pas trancher ces cas, et personne autour de moi ne le sait non plus. Ce que je sais faire, c'est reconnaître la différence entre un chaton qui dort et un chaton qui ne redémarre pas. Le reste appartient au vétérinaire.

À propos de l’auteur Nés dans le Salon

Ce sont des personnes qui ont accueilli des portées de chatons chez elles, le plus souvent comme familles d'accueil pour une association de protection animale, et qui ont continué à suivre ces chatons après leur adoption. Elles connaissent les nuits courtes des trois premières semaines, le départ vers huit semaines, puis les questions qui reviennent pendant la première année.

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