Chats de Foyer

Que faut-il demander au vétérinaire sur la prévention parasitaire d'un chaton ?

Par Nés dans le Salon

Ce qu'il faut demander au vétérinaire sur la prévention parasitaire d'un chaton n'est pas le nom d'un produit : c'est une explication. Ce qu'il a vu sur ce chaton-là, ce qu'il sait de son origine et de son environnement, et pourquoi cela mène à cette approche plutôt qu'à une autre. La partie de la consultation qui décide vraiment de la suite, c'est celle que vous seul pouvez apporter — l'histoire du chaton — et la question qui la fait sortir tient en une phrase : « Qu'est-ce qui vous fait choisir ça pour lui ? »

Je le sais parce que j'ai posé la mauvaise question pendant des années. J'ouvrais la boîte sur la table, je disais « il a peut-être des vers », je repartais avec une plaquette et une date, et si on m'avait demandé pourquoi cette date-là, je n'aurais pas su répondre. Ça a changé le jour où la vétérinaire a écarté ma question d'un revers de main et m'a dit : « D'abord, racontez-moi d'où il vient. »

La table en inox, et les minutes qui précèdent la première question

Installez-vous sur la chaise, posez la boîte sur la table, laissez-le sortir à son rythme. Ce qui suit n'est pas un rituel, c'est une collecte.

Le premier geste est presque toujours la balance. L'afficheur donne des grammes, la vétérinaire note le chiffre, et elle le rapporte à ce qu'elle sait de l'âge. Ce chiffre servira plus tard, quand il faudra dire si le chaton prend du poids comme il devrait. Ensuite viennent les mains : les doigts passent le long de la colonne, sur les côtes, sur les hanches. Pas pour vous inquiéter — pour sentir s'il y a de la réserve, ou pas assez.

Puis le poil. Elle écarte à rebrousse-poil sur les flancs, sur le ventre, à la base de la queue, pour voir la peau en dessous : des croûtes, des pellicules, des points rouges, des zones où le poil est plus clairsemé. Les oreilles, l'intérieur, avec la lampe. Les yeux, le nez. L'arrière-train, cette zone autour de l'anus où l'on voit tout de suite ce qui s'est accroché au passage. Et les pattes, entre les doigts, parce que c'est là qu'on trouve ce qu'on ne cherchait pas.

Pendant ces minutes, je me tais. J'ai appris à me taire. Ce qu'elle dit tout haut à ce moment-là, c'est exactement ce qui justifiera la suite, et c'est ce que je veux pouvoir relier ensuite. « Poil un peu terne. » « Ventre souple. » « Un peu de tartre sur les molaires. » Ces phrases apparemment banales, ce sont les pièces du raisonnement.

La question des selles n'est pas une observation, c'est une question

À un moment, elle demande : « Et les selles ? » C'est à moi de répondre, et ma réponse vaut un examen. Je raconte la forme, la couleur, la fréquence, si ça sent anormalement fort, si le chaton se lèche l'arrière-train plus que d'habitude, s'il y a du sang ou du mucus. Si le chaton vient d'arriver et que rien n'est encore régulier, je le dis aussi : « je l'ai depuis trois jours, je ne sais pas encore ce qui est normal chez lui » est une réponse honnête, et utile.

C'est souvent là qu'elle propose de regarder un échantillon. Ce n'est pas une suspicion, c'est une vérification : ce qu'on voit à l'œil ne dit rien de ce qui se passe à l'intérieur. Si je peux, j'arrive avec un peu de selles fraîches du jour, prélevées à la litière le matin, dans un petit pot ou un sachet propre. Si je n'ai rien, ce n'est pas grave : je décris, et on décide à ce moment-là.

Ce que j'apporte dans la salle d'attente

Ce que je sors de mon sac avant même qu'on m'appelle.

Le papier. Le carnet de l'éleveur, le dossier du refuge, ou la simple feuille griffonnée de la famille d'accueil. S'il y a eu quelque chose avant que le chaton m'arrive, la date compte plus que le nom : la vétérinaire veut savoir quand, et ce qu'on a observé après.

Trois lignes dans mon téléphone. Pas un journal, trois lignes, écrites la veille au soir, dans le calme : d'où il vient, avec qui il vit, ce qu'il mange en ce moment — la marque et le format, ou une photo de l'étiquette — et depuis quand il est à la maison.

La boîte, avec une serviette qui sent la maison dedans.

Et une question décidée d'avance. Une seule. Celle qui compte le plus pour moi cette fois-ci.

Les questions qui font sortir une explication plutôt qu'une ordonnance

Une ordonnance répond à « quoi ». Une explication répond à « pourquoi lui, maintenant ». Les questions qui ouvrent la seconde porte portent presque toujours sur le chaton, pas sur le produit.

  • D'où vient-il exactement, et vivait-il avec d'autres chats ? Élevage, refuge, famille d'accueil, trouvé dans un jardin : le contexte change tout, et la vétérinaire ne peut pas le deviner.
  • Est-ce qu'il y a d'autres animaux à la maison, et est-ce qu'ils sortent ?
  • Est-ce qu'il a accès à un balcon, à une fenêtre ouverte, à un jardin, même une heure par jour ?
  • A-t-il déjà reçu quelque chose, et quand ? Qu'est-ce qu'on a vu après ?
  • Que mange-t-il précisément, et depuis quand ?
  • Qu'est-ce que je surveille dans les jours qui viennent, et qu'est-ce qui doit me faire rappeler ?

Il m'est arrivé que la prévention parasitaire et la vaccination ne tombent pas le même jour. La première fois, j'ai cru à un oubli. En fait non : ce sont deux choses indépendantes, et il y a des raisons de les espacer — l'état général du chaton, ce qui a été observé, ce qui a déjà été fait avant son arrivée. Je pose la question sans réclamer un protocole : « Est-ce que vous préférez séparer les deux, et qu'est-ce que je dois comprendre de ce choix ? » La réponse m'explique une logique, pas une marche à suivre, et c'est exactement ce que je venais chercher.

Quand je ne comprends pas un mot

Ça m'arrive encore, et je ne fais plus semblant. Je répète le mot tel quel : « Concrètement, ça veut dire quoi chez lui, aujourd'hui ? » Et j'ajoute une deuxième question qui débloque presque toujours la première : « À la maison, je le verrais comment ? » Un mot compris, c'est un mot qu'on peut reconnaître dans sa cuisine à onze heures du soir, quand il n'y a plus personne à qui demander.

Si la réponse reste en jargon, je demande une reformulation, une fois, deux fois s'il faut. Ça n'a rien d'impoli : la vétérinaire préfère une question claire à quelqu'un qui hoche la tête et applique de travers. Je note le mot dans mon téléphone, je le cherche après, tranquillement, et je vérifie que ce que j'ai compris correspond à ce qui a été dit.

Ce que j'écris en rentrant, et la ligne que je ne franchis pas

En rentrant, j'écris trois choses : la date, ce qui a été observé, ce qui a été fait. Pas de tableau, pas de calendrier à cases. Juste de quoi raconter au prochain rendez-vous, ou au téléphone si quelque chose change.

Et je m'arrête là. Entre deux visites, si les selles changent, je note la date et l'aspect, et je ne touche à rien d'autre. Je ne rallonge pas un délai, je ne recommence pas quelque chose parce que « ça avait marché la dernière fois », je ne pioche pas dans la pharmacie d'un autre chat de la maison. Ce n'est pas de la prudence excessive : c'est que la décision repose sur un examen, et cet examen, je ne peux pas le faire dans mon salon.

Avant de partir : deux minutes qui changent la visite

La boîte sort du placard deux ou trois jours avant, ouverte, avec une serviette dedans, pour qu'elle cesse d'être un objet inconnu. Dans la voiture, un linge dessus. En salle d'attente, je la garde sur mes genoux, fermée, et je ne laisse personne glisser les doigts à travers les barreaux, même gentiment. Un chaton stressé se débat, la vétérinaire travaille moins bien, et la consultation devient une bagarre au lieu d'une conversation.

Au fond, ce n'est pas le produit qui compte le plus. C'est ce que vous savez de ce chaton et que personne d'autre ne peut dire à sa place : d'où il vient, avec qui il vit, ce qu'il mange, ce qu'on a déjà essayé. Le reste se construit devant vous, à partir de l'examen et de vos réponses. La bonne question n'est pas « que faut-il lui donner », c'est « de quoi avez-vous besoin de savoir, et qu'est-ce que je dois surveiller ».

À propos de l’auteur Nés dans le Salon

Ce sont des personnes qui ont accueilli des portées de chatons chez elles, le plus souvent comme familles d'accueil pour une association de protection animale, et qui ont continué à suivre ces chatons après leur adoption. Elles connaissent les nuits courtes des trois premières semaines, le départ vers huit semaines, puis les questions qui reviennent pendant la première année.

Découvrir l’équipe